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numismatique et monarchie 

né à Cognac en 1494, mort à Rambouillet en 1547
François 1er
Avec François 1er commence une des périodes les plus riches en événements, une des plus intéressantes dans l'histoire de la numismatique française. Elle se continuera sous son fils Henri II (1547-1559) qui passa sa jeunesse en Espagne et dont les manières étaient plus espagnoles que françaises. Il écoutait aussi beaucoup les avis de son épouse Catherine de Médicis et combattit la Réforme.
né à St Germain-en-Laye en 1519, mort à Paris en 1559
Henri II
Henri II fit beaucoup pour l'organisation du monnayage. Le premier graveur de la Monnaie de Paris était un artiste formé en Italie, Marc Béchot (1520-1557), un des meilleurs représentants de la Renaissance française. Béchot introduisit le portrait du roi Henri en 1549 sur l'écu d'or à effigie (c. 3,35 g), un portrait de profil du souverain couronné, finement gravé. Cette monnaie en réalité ne faisait que préparer le Henri d'or, plus lourd (c. 3,65 g; 958/000), avec le buste du roi, nu-tête ou couronné de lauriers comme cela se faisait depuis peu.
née à Florence en 1519, morte à Blois en 1589
Catherine de Médicis
Comme tous les autres pays d'Europe, la France subit le dommage du rognage des monnaies d'argent. Le roi put se féliciter de la fabrication mécanique des monnaies, ce qui rendit plus difficiles de tels agissements. Henri entendit parler du travail de Max Schwab à Augsbourg par ses envoyés à la cour de Charles Quint . Il envoya à Augsbourg un mécanicien très habile Aubin Olivier qui apprit le métier et put copier les nouvelles machines.
né à Gand en 1500, mort à Yuste (Espagne) en 1558
Charles Quint
Lorsque Olivier eut installé ces machines dans le Jardin des Etuves, ce qui donna le nom de «moulin des Etuves» à l'ouvrage, il reçut le titre de «Maître ouvrier». Par la suite, de nombreux essais de monnaie y furent réalisés témoignant ainsi d'un esprit nouveau dans la monnaie française, quand l'art et 1a technique s'allient pour créer une oeuvre mémorable. On frappa en or un Henri d'or à la Gallia avec au revers, comme sur les monnaies de l'empereur Trajan, Gallia assise; la légende aussi, OPTIMO PRINCIPI rappelle l'empereur.
 
Le teston (C. 9,59 g; 899/000) était l'unité d'argent. A part une série d'espèces semblables portant soit la tête du roi couronné de lauriers, soit le buste en cuirasse et le blason aux lys couronné, quelques frappes d'essais de testons méritent une mention particulière. Un de ces testons émis en 1551 représente le roi barbu «à l'antique» avec le heaume, la cuirasse et le manteau. Au revers, le dessin très simple de l'emblème royal, une demi-lune couronnée, est particulièrement beau. Pour l'inscription de ces frappes d'essai, on préféra le français au latin. Outre Marc Béchot, l'orfèvre Etienne de L'aune (1552-1553) fut aussi graveur de monnaies; c'est le Benvenuto Cellini de la Renaissance française. A la Monnaie de Troyes, qui émettait de très beaux testons avec le portrait d'Henri, travaillait Etienne Bergeron qui y avait aussi installé un «moulin».
 
Olivier perfectionna encore le travail de la frappe: il découvrit une «virole brisée» avec laquelle on pouvait créneler ou graver une inscription sur la tranche de la pièce. Malheureusement, le coût trop élevé et surtout la résistance obstinée des ouvriers mirent tôt fin à la frappe mécanisée. On revint à la frappe au marteau et les nouvelles méthodes ne furent utilisées que pour la frappe des médailles, jetons ou piéforts.
 
Les autres monnaies d'Henri sont des monnaies de billon: le gros (5,96g; 319/000), le douzain (2,68g; 297/000), le liard noir (c. 1,05g;179/000), le double tournois (c. 0,97g; 69/000).
né à Fontainebleau en 1544, mort à Orléans en 1560
François II
Le fils d'Henri II, François II(1559-1560) , marié à Marie Stuart en 1558, ne régna que dix-sept mois; il n'y eut aucune monnaie à son nom. Charles IX (1560-1574), son frère cadet, n'avait que onze ans lorsque son père mourut. Sa mère, Catherine de Médicis, prit la régence du royaume. Les guerres de religion s'aggravaient dans le pays; l'intolérance et l'indifférence conduisirent aux tragiques événements de la nuit de la Saint Barthélemy (août 1572) et aux combats acharnés qui s'en suivirent. Le pays était partagé entre catholiques et huguenots et comme la guerre coûte cher, chaque parti frappa ses monnaies dans les ateliers des villes qu'il occupait. Le teston morveux, par exemple, fut frappé à Orléans en 1562 par les huguenots assiégés; il est l'oeuvre d'Etienne Bergeron et porte le portrait du jeune roi.
née à Linlithgow en 1542, morte à Fothringay en 1587
Marie Stuart

né à St Germain-en-Laye en 1550, mort à Vincennes en 1574
Charles IX
Au début du règne de Charles IX, les monnaies de son père Henri II circulèrent encore mais avec les dates de 1559 à 1562 qui appartiennent au règne de Charles. La date, introduite pour la première fois sur les monnaies par François 1er en 1532, fut utilisée régulièrement en France depuis 1549. Par la suite apparurent les testons d'argent qui représentèrent le portrait de Charles IX enfant puis adolescent et enfin adulte. Mais dans l'ensemble, Charles IX garda les monnaies en cours: l'écu d'or, le sol parisis (1,61g; 519/000), le douzain, le liard, etc. Le roi, qui savait apprécier les beaux-arts, voulut aussi promouvoir l'art numismatique. En 1572, il nomma le célèbre sculpteur Germain Pilon (1535-1590) «contrôleur des poinçons et effigies» et le chargea de faire des modèles en cire pour de nouveaux types de monnaies et aussi de diriger le travail des autres graveurs. La présence de Pilon eut un effet immédiat. Outre les magnifiques médailles qu'il a laissées, Pilon a préparé en 1573 des frappes d'essais de testons et de demi-testons qui se singularisent non seulement par la finesse de leur dessin et leur frappe nette, au moulin des Etuves, mais aussi par l'inscription sur la tranche VERAE RELIGIONIS ASSERTORI - Au Protecteur de la vraie religion; ce sont de plus les seules monnaies à mentionner une profession de foi à cette époque de schisme.
né à Fontainebleau en 1551, mort à Saint-Cloud en 1589
Henri III
C'est aussi sous Charles IX que l'on essaya pour la première fois de frapper une monnaie d'argent de la taille du thaller. Il existe des frappes d'essais de la livre parisis (c.19,95 g) avec le portrait du jeune roi, de 1564 et 1568. Mais les grandes monnaies d'argent ne furent introduites que sous le nouveau roi Henri III (1574-1589) par une ordonnance de 1575. Ce frère de Charles (il fut une année roi de Pologne, en 1573) prit la tête d'un pays littéralement déchiré par trois groupes: les royalistes, les huguenots et la Ligue catholique. Il fut lui-même victime de la Ligue qui le fit assassiner en 1589. Comme il n'avait pas de fils, la dynastie des Valois s'éteignit avec lui.
 
En 1575, la frappe des testons fut interdite; malgré cela, quelques pièces furent encore frappées jusqu'en 1577 avec l'argent des vaisselles privées. L'innovation importante est le franc d'argent (c. 14,18 g; 833/ 000), première monnaie française d'argent lourde, dont les subdivisions, le demi-franc et le quart de franc, purent se maintenir plus longtemps. On compléta en 1577 avec le quart et le huitième d'écu d'argent (9,71g et 4,85 g; 917/000). Le fin profil du roi, avec le haut faux col ou la fraise, créé spécialement pour ce franc, témoigne de la mesure de Germain Pilon et de ses compagnons. Sur la tranche d'un piéfort de franc de 1577, on pouvait lire PACT QUIETI AC FOELICITATI PUBLICAE - Pour la paix, la quiétude et le bonheur de tous - qui résonne comme une admonestation au pays entier.
 
L'innovation importante de l'ordonnance de 1575 réside dans l'introduction des pièces en cuivre pur: le double tournois et le denier tournois, les premières monnaies de crédit en France. Le roi, qui avait fondé en 1578 l'ordre du Saint-Esprit, fit frapper en 1583 un liard au Saint-Esprit avec la croix de cet ordre.
 
Après l'assassinat du roi, Paris, qui était aux mains de la Ligue, élit le cardinal et archevêque de Rouen, Charles de Bourbon comme roi, Charles X (1589-1590). Ce prélat resta prisonnier jusqu'à sa mort à Fontenay-le-Comte. Pourtant des monnaies d'or, d'argent, de billon et de cuivre furent frappées à son nom. Curieusement, ces monnaies circulèrent encore longtemps après sa mort, car le nouveau roi, Henri IV, dut reconquérir son pays ville par ville. Le franc d'argent de 1590 est tout à fait exceptionnel; il représente le cardinal de Bourbon couronné et fut réalisé par Philippe Regnault d'après un projet de Germain Pilon. Mais une émission de cette monnaie était impensable à cause de la faiblesse des réserves d'argent. Le quart et le huitième d'écu de Charles X, monnaies insignifiantes, furent les plus courantes.
né à Pau en 1553, mort à Paris en 1610
Henri IV
Le nouveau roi, Henri IV (1589-1610, roi de Navarre depuis 1572, fut le fondateur de la dynastie des Bourbons. Après avoir longtemps combattu pour la victoire du protestantisme, il se convertit officiellement au catholicisme en 1593. Il essaya à tous égards de surmonter les dissensions religieuses et de panser les plaies de la guerre. Par des réformes, il réussit à donner la prospérité au pays. Son monnayage est aussi le reflet de sa politique réaliste et décidée. Il ne comprenait que peu d'écus d'or mais beaucoup de quarts et de huitièmes d'écu d'argent sans portrait, et des demi et quart de francs d'argent avec le buste du roi couronné de lauriers. Comme certaines monnaies portaient au revers les armes de Navarre ou, de Béarn et Navarre, elles furent désignées en conséquence.
né à Fontainebleau en 1601, mort à St Germain en 1643
Louis XIII
Faisant partie de ce groupe de magnifiques monnaies qui ne virent jamais le jour, il faut encore mentionner deux pièces extraordinaires: la frappe spéciale d'un écu de 1589, avec le roi représenté à la manière des empereurs romains, et la frappe d'un essai d'un franc de 1607, avec le roi en costume de l'époque. Cette discordance entre les frappes d'essais et les espèces en circulation est d'autant plus incompréhensible qu'en 1604 un grand artiste français, le sculpteur Guillaume Dupré, prit en 1590 la place de Pilon, décédé. De nombreuses médailles de la main de ce maître sont parmi les plus belles productions de la Renaissance française. On peut supposer que Dupré essaya de faire valoir son influence. D'autres artistes travaillèrent alors pour la Monnaie: Philippe Danfrie le Jeune et depuis 1606 le graveur Nicolas Briot devenu célèbre plus tard en Angleterre. Briot devait exercer son talent surtout sous le règne de Louis XIII.
 
extrait de "Monnaies européennes entre 1450 et 1789" de Elvira E. et Vladimir Clain-Stefanelli, édition "Bibliothèque des arts"

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